Silvio Berlusconi accusé d'avoir eu des relations sexuelles avec une mineure marocaine
Silvio Berlusconi est à nouveau dans le viseur de la justice italienne. Une enquête pour prostitution a été ouverte contre le président du Conseil, soupçonné d'avoir eu des relations sexuelles avec une jeune Marocaine âgée de 17 ans à l'époque des faits.
Déjà poursuivi pour des affaires de corruption et éclaboussé par des scandales impliquant des jeunes femmes, le chef du gouvernement âgé de 74 ans est aujourd'hui soupçonné d'avoir abusé de ses fonctions pour faire libérer la jeune femme, surnommée Ruby Rubacuori (Ruby la voleuse de cœurs), interpellée alors pour vol, et étouffer toutes révélations sur l'affaire, précise les procureurs de Milan dans leur communiqué.
Ils ont également envoyé vendredi une convocation au président du Conseil et à ses avocats, et ordonné à la police d'effectuer des perquisitions dans les bureaux de plusieurs personnes concernées par l'affaire, notamment une ancienne danseuse devenue politicienne et proche de Berlusconi, Nicole Minetti.
C'est une affaire montée par les médias, les accusations « ayant déjà été rejetées par les témoins et les personnes directement impliquées », ont-ils estimé.
L'affaire Ruby a été rendue publique il y a quelques mois après l'arrestation en mai dernier de la jeune fille, âgée de 17 ans, par la police de Milan pour un vol présumé.
D'après des médias ne citant pas leurs sources, elle a été relâchée après l'intervention de Silvio Berlusconi, qui a prétendu qu'elle était une proche du président égyptien Hosni Moubarak. Il a d'ailleurs envoyé au commissariat de Milan Nicole Minetti, élue de son parti dans la région.
Les juges cherchent à savoir si Silvio Berlusconi a bien téléphoné à la police de Milan, les 27 et 28 mai, pour s'assurer de la libération de la jeune femme et cacher qu'il avait été son client.
Ruby, aujourd'hui âgée de 18 ans, a reconnu s'être rendue dans la propriété de M. Berlusconi à au moins une occasion, mais affirme n'avoir jamais eu de relations sexuelles avec le président du Conseil.
Silvio Berlusconi a dénoncé une campagne de « mensonges » orchestrée selon lui par une presse hostile. Il a justifié son intervention et assuré qu'il ferait la même chose si c'était à refaire.
Jeudi, la Cour constitutionnelle italienne a invalidé une partie de la loi d'immunité protégeant le président du Conseil. Elle a levé le caractère automatique de la loi empêchant le chef du gouvernement de comparaître en justice, laissant à des juges le soin de décider s'il peut de nouveau être jugé dans des affaires de corruption.
Si la loi, votée en mars 2010 et entrée en vigueur en avril, avait été invalidée dans son ensemble, les deux procès actuellement suspendus de Silvio Berlusconi auraient pu reprendre immédiatement. Un rejet total aurait également affaibli encore plus le chef du gouvernement italien, déjà fragilisé par ces affaires de mœurs et qui a échappé en décembre à une motion de censure.
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