Les cures thermales plus éfficaces contre l'obésité

Une cure thermale de trois semaines permet une perte de poids "durable et significative" des personnes obèses ou en surpoids, comparable aux résultats des programmes de modification de style de vie, selon une étude de l'Association française pour la recherche thermale (AFRETh).

Ce type d'étude entre dans le cadre de la convention signée avec l'Assurance maladie "qui demandait à la profession d'apporter la preuve de service médical rendu par la cure thermale", a expliqué à l'AFP le président du Conseil scientifique de l'AFRETh, Christian-François Roques, professeur de médecine physique et rééducation à l'université de Toulouse.

L'Assurance maladie prend en effet en charge les soins thermaux (entre 450 et 600 euros) à hauteur de 65%.

L'étude Maâthermes, publiée jeudi, a été conduite sur 257 patients obèses ou en surpoids (51 hommes, 206 femmes), d'âge moyen de 51 ans et d'IMC (indice de masse corporelle) moyen de 31,2.

Les patients ont été répartis par tirage au sort en deux groupes: le groupe "cure" (120 patients) et le groupe "témoin" (137).

Le groupe "cure" a été accueilli pendant trois semaines (durée d'une cure conventionnelle) dans cinq stations thermales: Brides-les-Bains (Savoie), Capvern-les-Bains (Hautes-Pyrénées), Vals-les-Bains (Ardèche), Vichy (Allier) et Vittel (Vosges).

Il a suivi le traitement thermal pour l'obésité, incluant des soins thermaux (balnéothérapie, cure de boisson), mais aussi des conseils diététiques (avec remise du livret du Programme national nutrition santé - PNNS) et des exercices en piscine. Les curistes se sont également vus proposer des activités physiques (marche, vélo...) et un régime moyennement restrictif.

Les patients du groupe témoin ont eux été suivis par leur médecin généraliste, qui leur a prodigué des conseils diététiques avec remise du livret du PNNS.

Quatorze mois après la prise en charge, une perte de poids moyenne de 3,86 kg a été constatée dans le groupe "cure" (contre 1,56 kg dans le groupe témoin).

Les résultats ont par ailleurs été jugés "comparables" à ceux d'études réalisées antérieurement pour évaluer l'efficacité des programmes de modification du style de vie (diminution de la quantité alimentaire, activité physique et changement comportemental).

Ces programmes, d'une durée de plusieurs mois, "montrent une perte de poids de 4,5 à 6,5% à 12 mois. Nous, à 14 mois, on a une perte moyenne de 4,6%", a indiqué le nutritionniste Patrick Sérog, qui a coordonné l'étude avec son confrère Thierry Hanh.

L'étude montre aussi une efficacité comparable à celle des médicaments, a précisé le Dr Sérog. En France, seul l'orlistat (commercialisé sous la marque Xenical ou Alli) est autorisé.

L'étude Maâthermes montre qu'on peut trouver "des alternatives raisonnables" pour prendre en charge le surpoids et l'obésité, a estimé le nutritionniste, tout en n'excluant pas de nouveaux abus comme celui du Médiator, antidiabétique utilisé comme coupe-faim, responsable de graves atteintes cardiaques.

"Quand vous êtes dans une prison, vous cherchez à en sortir coûte que coûte. L'obésité c'est une prison personnelle, et l'effort que ça demande pour pouvoir en sortir est quotidien, alors c'est vrai qu'on a envie de trouver un produit qui va nous donner moins faim, qui nous permettra de perdre du poids", a-t-il dit.

Le thermalisme représente 0,15% des dépenses de santé.

Le conseil d'administration de l'AFRETh est constitué par l'Association nationale des maires de communes thermales, le Conseil national des exploitants thermaux et la Fédération thermale et climatique de France.

par Véronique Martinache, AFP, 2011.

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