Les Etats-Unis continuent de soutenir officiellement Moubarak, tout en finançant certains opposants
Barack Obama était loin d’imaginer, en juin 2009, alors qu’il avait choisi Le Caire pour son grand discours au monde musulman, que l’Egypte lui poserait un tel défi deux ans plus tard. Les violences qui secouent ce pays depuis six jours placent le président américain dans une situation délicate: comment soutenir le soulèvement populaire égyptien en faveur de la démocratie sans paraître appeler au renversement du chef d’Etat, Hosni Moubarak, le plus proche allié arabe des Etats-Unis? Après quatre jours de valses-hésitations, durant lesquels la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a qualifié le régime Moubarak de "stable" tandis que la Maison-Blanche se contentait d’appeler les autorités égyptiennes à respecter le droit de manifester, l’administration Obama s’est finalement engagée plus loin.
Une heure à peine après que le président égyptien a prononcé son discours annonçant un changement de gouvernement, Barack Obama a pris la parole depuis la Maison-Blanche pour l’exhorter à tenir ses promesses et réclamer des réformes politiques "concrètes". "Je veux appeler très clairement les autorités égyptiennes à s’abstenir d’utiliser la violence contre les manifestants pacifiques", a martelé le président démocrate, après s’être entretenu par téléphone avec Hosni Moubarak. Pas question, en revanche, de remettre en cause le pouvoir de cet allié, garant, selon Washington, de la stabilité. "Au bout du compte, le futur de l’Egypte sera décidé par le peuple égyptien", a estimé Barack Obama.
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