Sonatrach n'est pas l'Algérie

Sonatrach n'est pas l'Algérie

Que se passe t’il vraiment en Algérie? Avec des réserves de change qui dépasseront bientôt les 100 milliards de dollars selon les experts... et expliqué surtout par le prix moyen du baril de pétrole, avoisinant les 70 dollars durant toute l’année 2007, pourquoi l’Algérie peine t’elle à mettre sur pied un programme de développement qui devrait normalement absorber la plus grande partie du taux de chômage élevé au sein de la population mais aussi donner un grand coup de manivelle à l’économie productive algérienne?

S’il ne fallait dépendre que de Sonatrach qui vient d’enclencher en ce premier semestre 2007 prés de 27 milliards de dollars en contre partie de l’exportation à ses clients, les USA en premier rang, près de soixante dix millions de tonnes de pétrole algérien, qu’adviendrait-il de l’essentiel de l’industrie productive de richesses qui devrait normalement être le seul pilier valable et sur lequel doivent nécessairement dépendre les générations futures?

Les exportations de pétrole et de Gaz à elles seules ne pourront jamais donner de résultats concrets à un développement de toute une nation en panne si elles ne sont pas accompagnées d’un programme maîtrisé à long terme afin de compenser en terme de taux et d’indices d’évolution l’économie du pays. A l’horizon 2050 et avec l’épuisement déjà programmé des ressources énergétiques mondiales, Sonatrach ne sera plus qu’un nom sur une pancarte alors que le peuple algérien devra survivre et se suffire de se qu’il pourra produire par la sueur de son propre effort.
A part les hydrocarbures, l'Algérie qu’a t’elle à exporter sauf bien sûr les cas rares du cuivre, de l'ammoniaque et de certains produits alimentaires? Un grand hourrah médiatique fait actuellement les éloges de ce qui n’est en fait que l’apogée d’un simple coup de hasard puisque le prix du pétrole élevé n’a jamais été l’invention des stratèges de l’OPEP ni même des pays du sud.

On jette des roses au nouveau record de l’Algérie en termes de rentrées en devises pour 2007 qui dépasseront sans doute la barre des 54 milliards de dollars mais personne ne se demandera où devra aller cet argent puisqu’en économie comme dans la vie tout est question de bonne loterie et de bonne vieilles ruses. Et en dehors du bénéfice extérieur, le chiffre d’affaires de Sonatrach à l’intérieur du pays n’a jamais en fait dépassé le cap des trois milliards de dollars par an ce qui est un chiffre très loin de la réalité d’un développement réussi puisque certaines sociétés énergétiques dans le monde arabe et aux pays du Golfe font presque le triple de ce la société algérienne réalise. Et avec la baisse et l’ampleur du rythme de la croissance économique, la régression de la production industrielle, le manque de diversification de l’économie, la hausse importante des importations et le raffermissement du taux de change, il est légitime de se poser cette question.
Disposant maintenant de marges de manœuvre budgétaires, c’est une toute autre et complète stratégie de développement qu’il convient de mettre en place et qui ne devra aucunement être basée sur le hasard : stratégie qu’il est nécessaire de clarifier auprès des hautes instances qui devrait faire appel au principal élément de l’intelligentsia des cadres algériens et arabes qui se sont égarés un petit peu partout à travers le monde..

Les ressources budgétaires actuelles doivent alors être utilisées pour initier un mouvement qui doit s’auto entretenir pour l’avenir de l’Algérie. Il est vrai qu’il existe un grand laisser aller non au sommet de l’état mais au niveau de la base et du simple citoyen fonctionnaire dans n’importe quelle administration étatique. Si le citoyen se plaint ce n’est pas à cause du président ni même d’un tel ministre ou d’un autre, il est parfois loyal de dire ce qu’il en est et d’appeler tous les chats par leurs noms. Mais bien souvent c’est à cause d’un simple agent qui met tout pour saborder le travail qui a été planifié par de grands stratèges parce que tout simplement il n’y a aucun respect de l’état et aucun contrôle des proches cadres à la base que tout un plan est mis à terre. D’autres fois c’est avec la bénédiction même du directeur d’une poste ou d’un chef de service dans une mairie ou une banque que le simple fonctionnaire agit en ignorant que s’il n’a aucune conscience pour lui-même c’est tout le futur d’une lignée de générations qu’il est entrain de détruire.

L’opportunité est toute à la disposition des décideurs qui devront savoir qu’il est parfois sage de serrer la corde haut et court non uniquement en haut de l’échelle mais également la ceinture à la base en contrôlant et en emboîtant le pas déjà à tous les recrutements archaïques qui se sont fait sans aucune base plaçant un frère, une voisine, un cousin en leur accolant de faux diplômes durant toute la décennie noire ou de simples Beni oui ouis corrompus dans des postes clés et manivelles à toute une économie freinant déjà par un tel comportement et en créant une politique de sectes et de clans le convenable déroulement même du travail lui même. Ce qui est le plus étrange, c’est que des administrations étatiques entières sont en voie de devenir presque un bien privé pour ne pas dire à la disposition de nombreuses familles à travers tout le territoire national algérien alors que dans le secteur privé lui-même on n’observe pas un tel fléau mais où seulement la compétence est le premier critère de mise.

Il ne suffit pas seulement de reprocher aux cadres algériens de qualité qui ont fui le pays leur désertion parce qu’ils trouvaient étrange comme à tout simple citoyen de gober le fait par exemple de trouver dans une administration clé de l’état une demi douzaine ou parfois plus de fonctionnaires tous portant le même nom de famille et la même moustache d’orgueil, mais aussi de faire également appel au sens de la conscience collective et du destin commun en faisant respecter une vraie politique et nouvelle éducation du travail qui doit commencer d’abord par faire respecter le lieu du travail même pour rendre d’abord à l’état toute la légitimité de ses entités auprès du simple citoyen sans pour autant lui insinuer qu’il a été déjà écarté du rang de développement de la nation par de simples analphabètes qui n’appliquent pas à la lettre les consignes de leurs supérieurs et par ensuite exiger un dévouement aveugle de sa part à la reconstruction de la patrie.

Le feu vert ne doit pas être totalement donné à quiconque excepté à l’état lui-même qui devrait se charger d’organiser une grande opération de contrôle non au niveau du citoyen lui-même mais au niveau aussi de toutes ses administrations toutes afin de les éponger et de les stériliser de tous les éléments nuisibles au bon déroulement du plan de redressement de l’économie nationale engrangé par le président de la république. Ce n’est qu’alors qu’on n’aura plus besoin de chinois ni de japonais ; quand quiconque en n’importe quel poste ne se sentira jamais à l’abri parce qu’il pense que son neveu est au poste A et que son beau frère est au poste B. Lorsqu’on doit penser consciencieusement aux générations futures et à la mère patrie et l’Algérie d’abord, il ne doit pas y avoir de copinage ni de Benis ni de Ouled. Il ne doit y avoir que le but premier à vouloir sauver la nation toute entière des dents de nos ennemis futurs qui guettent la chute de l’Algérie avec toutes leurs entrailles.

Il est plus qu’indispensable aujourd’hui d’investir non seulement dans l’industrie des services mais également dans la petite entreprise créatrice de la grande industrie et qui devra l’accompagner à tous les niveaux sans pour autant être toujours dépendant de l’occident. Il ne servira à rien de fabriquer un pantalon ici et de commander les boutons d’Italie ou fabriquer des voitures et d’importer leurs pneus de chine. Une industrie complète doit naître même si elle doit se faire petit à petit. La technologie est plus qu’une nécessité de nos jours et nous devons dépendre uniquement de ce que nous devons produire nous-mêmes même qu’on il s’agit de simples chose telles que le textile, les communications, le transport, l’agroalimentaire, la mécanique, la pétrochimie qu’il L’opportunité et la responsabilité sont grandes nous ne devons surtout pas la gâcher. Un virage manqué peut nous coûter cher et même beaucoup plus que 130 ans de colonialisme.

D.M.
Toufaux Magazine