Le président du Sénat italien, Franco Marini, a été chargé par le président Giorgio Napolitano de former un gouvernement de transition qui aura pour mission de modifier la loi électorale, jugée responsable de l'instabilité politique chronique de la Péninsule.
Ce gouvernement devra "vérifier la possibilité d'obtenir un consensus" sur une réforme du mode de scrutin avant la tenue de nouvelles élections, a précisé le chef de l'Etat devant des journalistes au palais du Quirinal.
Giorgio Napolitano a jugé indispensable de modifier la loi électorale italienne afin de "garantir la stabilité politique et l'efficacité des institutions".
Désigné six jours après la démission du 61e gouvernement italien de l'après-guerre dirigé par Romano Prodi, Marini, 74 ans, devra convaincre la droite conduite par Silvio Berlusconi de renoncer à son exigence d'élections législatives immédiates.
"Je concentrerai mes efforts pour essayer de le faire le plus vite possible", a déclaré le chef du gouvernement désigné.
Les négociations doivent débuter jeudi après-midi et s'étendre sur plusieurs jours. En cas d'échec, Napolitano n'aura pas d'autre choix que de convoquer des élections.
Deuxième personnage de l'Etat derrière le président Giorgio Napolitano, Franco Marini pourrait s'appuyer sur son image de neutralité à la présidence du Sénat, même s'il est membre de la Marguerite, une des principales composantes de la coalition de centre gauche de Romano Prodi.
Berlusconi, qui a perdu le pouvoir de justesse face à Prodi lors des législatives de 2006 et pense pouvoir l'emporter en cas de nouveau scrutin, a cependant prévenu qu'il ne comptait pas "perdre de temps". "Nous dirons à Marini que nous voulons des élections tout de suite", a-t-il déclaré.
Le sénateur Altero Matteoli, de l'Alliance nationale, alliée au magnat de la télévision, a estimé qu'il faudrait un "miracle" pour parvenir à une réforme rapide du mode de scrutin, en rappelant que le parlement cherchait depuis deux ans un accord introuvable sur la question. "Nous ne pensons pas que même Marini en soit capable", a-t-il ajouté.
LA DROITE FAVORITE DANS LES SONDAGES
Les sondages donnent une large avance à la droite en cas d'élections législatives. Une récente enquête partant de l'hypothèse d'un nouvel affrontement entre deux grandes coalitions de centre gauche et de centre droit, comme en 2006, a crédité Berlusconi de 54% des voix contre 44,5% à Prodi.
En cas de retour aux urnes, Berlusconi sera probablement opposé à Walter Veltroni, maire de Rome et secrétaire du Parti démocrate qu'il a fondé l'an dernier avec Prodi.
L'enquête montre que le Parti démocrate aurait de meilleures chances s'il se séparait de ses partenaires - qui vont des communistes aux catholiques - et faisait campagne seul. Berlusconi l'emporterait alors par une marge bien plus étroite, de 51% contre 48,5%.
Prodi a dû démissionner après la défection d'un des neufs partis formant sa coalition. Ses vingt mois à la tête du pays ont été constamment minés par les rivalités entre ses alliés.
Le consensus paraît encore lointain. Quelques minutes à peine après la nomination de Marini, les parlementaires des deux bords commençaient déjà à se demander s'il fallait soutenir ou saboter son gouvernement de transition.
Franco Pavoncello, professeur de sciences politiques, juge tout de même que Napolitano a désigné Marini "parce qu'il avait le sentiment qu'après tout il était possible de trouver une sorte de majorité".
Originaire des Abruzzes, Marini est une figure respectée du centre gauche et se définit comme centriste catholique.
Souvent aperçu avec une pipe coincée entre les dents, il a occupé les fonctions de secrétaire général de la deuxième confédération syndicale du pays, la CISL, de 1985 à 1991 avant d'entamer son ascension politique au sein du Parti populaire, une émanation du Parti démocrate-chrétien.
Marini a été ministre du Travail et de la Sécurité sociale sous le gouvernement de Giulio Andreotti en 1991-92. C'est le même Andreotti, sept fois président du Conseil, qu'il a battu en 2006 pour accéder à la présidence du Sénat.
Rome, Reuters, 2008. Tous Droits Réservés.







