Pour son dernier discours sur l'état de l'Union, le président américain George Bush s'est efforcé lundi de rassurer ses compatriotes sur l'économie du pays, admettant que cette dernière ralentissait, tout en se montrant optimiste pour ses perspectives à long terme.
Ce septième discours annuel sur l'état de l'Union, pourrait bien constituer sa dernière grande occasion de donner le ton des mois à venir et rappeler qu'il est toujours là, même si, dans son propre camp, certains des candidats à l'investiture républicaine prennent leurs distances avec son bilan pour éviter que l'impopularité du président ne rejaillisse sur eux.
Pris en tenaille entre la primaire démocrate de Caroline du Sud, samedi dernier et la primaire républicaine en Floride, mardi, Bush pourrait avoir du mal à se faire véritablement entendre par-dessus le brouhaha de la campagne présidentielle 2008.
Tandis que le spectre de la récession est devenu la principale inquiétude des Américains, supplantant la conduite de la guerre en Irak, Bush a reconnu que la croissance ralentissait, mais a souligné que les fondamentaux de l'économie restaient bons.
Le président américain a réclamé des parlementaires qu'ils mettent en oeuvre dès que possible le plan de relance de 150 milliards de dollars (100 milliards d'euros environ) dévoilé la semaine dernière.
"Dans tous les foyers américains, il y a de l'inquiétude quant à l'avenir de notre économie", a dit Bush.
"Sur le long terme, les Américains peuvent avoir confiance dans notre croissance, mais à court terme, nous pouvons tous constater que la croissance ralentit", a-t-il déclaré.
Evoquant ensuite la guerre en Irak, Bush s'est félicité de l'amélioration de la situation, attribuant la baisse de la violence à l'augmentation du nombre de soldats déployés sur place, une décision qu'il avait prise en janvier dernier.
Près de cinq ans après le début des opérations, il a demandé aux Américains de rester patients.
"Nos ennemis en Irak ont été durement atteints. Ils n'ont pas été vaincus et nous devons nous attendre à des combats difficiles.
Bush n'a pas annoncé la moindre réduction des effectifs militaires en Irak, en dépit des appels répétés du camp démocrate qui réclame un calendrier de retrait des troupes, soutenus en ce sens par une majorité d'Américains.
Il s'est également prononcé sur l'Iran, demandant à Téhéran de mettre fin à l'enrichissement de l'uranium.
"Notre message aux dirigeants de l'Iran est très clair: suspendez de manière ostentatoire votre enrichissement d'uranium afin que des négociations puissent s'ouvrir", a-t-il lancé
"Par dessus tout, sachez cela: les Etats-Unis s'opposeront à tous ceux qui menacent nos troupes, nous resterons aux côtés de nos alliés, et nous défendrons nos intérêts vitaux dans le Golfe persique", a-t-il poursuivi.
Réduire la dépendance envers le pétrole
Critiqué pour avoir refusé dès sa prise de fonction, en janvier 2001, de ratifier le protocole de Kyoto, Bush a annoncé que les Etats-Unis verseraient 2 milliards de dollars (1,35 milliard d'euros environ) à un fonds international destiné à promouvoir les énergies "propres" et à combattre le réchauffement climatique.
Il a également appelé les Américains à lutter pour se défaire de leur dépendance envers le pétrole en développant de nouvelles sources d'énergie.
"Pour bâtir l'avenir de la sécurité énergétique, nous devons faire confiance au génie des chercheurs américains et aux entrepreneurs et leur permettre d'élaborer une nouvelle génération d'énergies propres. Notre sécurité, notre prospérité et notre environnement ont besoin que nous réduisions notre dépendance envers le pétrole", a-t-il dit.
Hillary Clinton, candidate à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle, a sévèrement jugé le discours présidentiel.
"Il garde une confiance pénible dans des politiques qui ont déjà échoué et qui ont transformé des excédents historiques en déficits considérables et qui ont poussé au bord de la récession une économie florissante.







