La Bourse de Paris a brutalement chuté mercredi suite aux rumeurs qui ont circulé sur des dépréciations d'actifs à la Société générale en France. A la mi-journée, le CAC 40 a cédé 2,27% et creusé un écart dans un marché, qui s'interroge sur l'attitude de la Banque centrale européenne (BCE) après la baisse des taux en urgence de son homologue américaine.
A la fin de la matinée, le CAC 40 perdait 38,36 points à 4.804,18 points, dans un volume d'échanges de 3 milliards d'euros alors qu'il reculait précedemment de 109,85 points à 4.732,69 points, dans un volume d'échanges de 3,9 milliards d'euros. L'indice parisien avait ouvert en hausse de plus de 2%.
Le président de l'Institut Européen et de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet a laissé entendre dans la matinée qu'une baisse de taux, contrairement aux Etats-Unis, n'était pas au programme en zone euro mais n'a pas non plus entretenu les espoirs d'assouplissement monétaire.
"En toutes circonstances, mais plus encore lors des périodes difficiles de correction significative sur les marchés, et de turbulences, la responsabilité de la banque centrale est d'ancrer solidement les anticipations d'inflation, afin d'éviter davantage de volatilité sur les marchés", a-t-il déclaré devant des parlementaires européens à Bruxelles.
"Le marché reste fragile, les gens sont prêts à vendre à la moindre alerte", a insisté le vendeur d'actions. "Est-ce qu'on ne va pas aller tester les plus bas avant de repartir?", s'est-il interrogé.
Ce courtier a de plus souligné les tiraillements du marché, partagé entre l'espoir d'une relance économique aux Etats-Unis, après l'action de la Fed, et la crainte de nouvelles provisions bancaires et d'avertissements de sociétés sur leurs résultats avant que les effets ne s'en fassent sentir.
GAZ DE FRANCE (+0,57% à 35,00 euros) a réalisé un chiffre d'affaires annuel de 27,427 milliards d'euros en 2007, en baisse de 0,8%. Le groupe prévoit un excédent brut opérationnel 2007 "significativement supérieur à celui de l'année 2006".
SOCIETE GENERALE (-2,95% à 80,07 euros), BNP PARIBAS (-0,03% à 66,63 euros) et CREDIT AGRICOLE (-0,81% à 19,51 euros) repartent en baisse après leur reprise de la veille.
THALES (+1,52% à 36,83 euros): l'Inde va annoncer vendredi un prochain appel d'offres réservé aux groupes français pour rénover ses avions Mirage, un contrat potentiel de 1,5 milliard d'euros, a annoncé mercredi à l'AFP un dirigeant de Thales.
STMICROELECTRONICS (+0,25% à 8,14 euros) a enregistré en 2007 une perte nette de 477 millions de dollars.
AXA (+0,65% à 23,30 euros) n'est pas affecté par un abaissement de recommandation par Société Générale, passée à "conserver", lors d'un passage en revue du secteur des assurances, ni par l'annonce de la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) d'un chiffre d'affaires du secteur de l'assurance en France, hors réassurance, en baisse de 1,2% en 2007 à 195 milliards d'euros.
OBERTHUR TECHNOLOGIES (+1,71% à 4,17 euros) a réalisé en 2007 un chiffre d'affaires consolidé de 733,4 millions d'euros en hausse de 13,7%.
AREVA (-1,68% à 635,26 euros), EDF (-2,09% à 66,58 euros) et BOUYGUES (+1% à 50,50 euros), regroupés dans un consortium, vont proposer deux réacteurs nucléaires de troisième génération EPR à l'Afrique du Sud.
Le volume de transactions est encore une fois important, avec 6,36 milliards d'euros, dont 4,89 milliards sur l'indice.
Outre Socgen, Total (-3%) et Sanofi-Aventis (-3,6%) pèsent particulièrement lourd sur le CAC 40.
"Les pétrolières sont démontées à cause du recul du pétrole et du scénario de baisse de la croissance mondiale, d'autant qu'elles sont très chères", précise le vendeur. Le DJ Stoxx des pétrolières perd 2,6%, plus forte baisse en Europe.
Les autres places européennes se sont également retournées à la baisse. Londres perd 1,42% et Francfort 2,72%, tirée vers le bas notamment par E.On et Allianz.
Du côté des indices paneuropéens, l'EuroStoxx 50 cède 2,5% et l'EuroFirst 300 1,7%.
Après des pertes limitées à Wall Street la veille, les futures sur indices sont orientés en baisse de 1,4% à 2,4%.
Les investisseurs saluent la baisse des taux de la Fed mais sont divisés quant à son impact au-delà du très court terme. Ils estiment que les réactions des autres banques centrales, notamment la Banque centrale européenne, seront décisives.
"Clairement, si les taux d'intérêt ont été abaissés, c'est à cause du risque réel de voir les actions américaines plonger à l'ouverture", écrit Tony Dolphin, directeur de la recherche économique et de l'allocation d'actifs chez Henderson Global Investors. "Cela aurait pu entraîner une nouvelle vague de ventes en Asie, les marchés ayant à partir de là du mal à trouver un plancher à court terme", ajoute-t-il. Il estime que le geste de la Fed peut limiter le risque de récession, surtout s'il annonce une action concertée des banques centrales.
Morgan Stanley estime pour sa part que la décision de la Fed est un premier pas vers un mouvement mondial d'assouplissement des politiques monétaires au cours de 2008, "qui pourrait sortir l'économie mondiale de l'ornière dès le début de 2009".
Synthese D.M. Toufaux News. 2008







