Sahara Occidental: le bakchich de Sarkozy

Sahara OccidentalSahara Occidental Le problème qui consistait hier pour les nations civilisées de l’ouest comme pour l’organisation des nations unis comme une épine à ôter du pied le plus tôt possible pour sauver un peuple du Polisario de sa misère et son errance, est devenu aujourd’hui, rien de plus que le caprice favori des prêcheurs de bonne volonté de tous les gouvernements occidentaux. Certains sont allés jusqu’à dire même que c’est pour l’amour et les beaux yeux du Maroc que tout ce monde du nord se précipite pour donner une crédibilité au plan d’autonomie de son messire M6. Est-ce réellement la véritable raison ? ou du moins ce que le roi du Maroc et ses acolytes tentent d’aveugler avec les peuples de la région.
« Nicolas Sarkozy, dans son envie de satisfaire les fantasmes de son ami le roi, est prêt à se mettre au banc de la société et à fouler aux pieds les lois internationales les plus usitées qui soient. Comme il fallait s’y attendre, le gouvernement sahraoui a violemment réagi aux graves déclarations faites par le président français à l’occasion de sa visite au royaume chérifien.

Pour le gouvernement sahraoui, en effet, la sortie de Nicolas Sarkozy est " grave et inopportune ", ajoutant que cet alignement sur la position marocaine est à l’origine de " l’échec " des efforts de la communauté internationale tendant à résoudre le conflit du Sahara occidental. En visite officielle au Maroc de trois jours, le président français, pour rappel, a déclaré, mardi devant le Parlement marocain, que le plan d’autonomie marocain au Sahara occidental est " sérieux et crédible " et qu’il constitue " une solution politique, négociée et agréée entre les deux parties ". Que la France engage sa crédibilité dans cette affaire passe encore, d’autant que c’est à partir de Paris que l’annonce de cette " mystification " avait été faite. Mais que Sarkozy s’aventure à déclarer que ce plan de dupes ait été accepté par les représentants légitimes du peuple sahraoui relève de la provocation gratuite et méchante. Le Polisario, de même que l’écrasante majorité de la communauté internationale, ont clairement dénoncé une pareille manoeuvre, visant aussi bien à contourner des résolutions onusiennes claires prises en faveur du droit du peuple sahraoui à la tenue d’un référendum d’autodétermination, qu’au fait qu’en attendant cet évènement, le seul représentant légitime de celui-ci ne saurait être autre que le Front Polisario. Pour le gouvernement sahraoui, en effet, ces déclarations sont graves " parce qu’elles ignorent toutes les résolutions des Nations unies " " et constituent un encouragement à l’intransigeance et un alignement sur la position de l’occupant marocain qui tente désespérément de légitimer son fait accompli colonial au mépris des principes les plus élémentaires de la démocratie ". En plus, estime le gouvernement sahraoui, cet alignement de la France depuis 1975 sur la position marocaine a fait profiter le Maroc d’une "impunité totale en se permettant de perpétrer les crimes de guerre et les violations les plus flagrantes des droits humains au Sahara occidental. En outre, ajoute le communiqué, ces déclarations de Sarkozy interviennent au moment où les négociations entre le Front Polisario et le Maroc " se trouvent dans une phase qui appellent les membres du Conseil de sécurité à jouer un rôle positif en aidant les deux parties, conformément à la résolution 1754 (avril 2007), à trouver une solution qui garantisse le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ". Le plus grave, sans doute, c’est que cette sortie est intervenue quasi simultanément avec le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon. Un rapport accueilli avec satisfaction par le Front Polisario. Celui-ci, est-il souligné, " traite de manière approfondie des dimensions politique, humanitaire, militaire et droits de l’homme de la question du Sahara occidental et présente une base suffisante pour que le Conseil de sécurité investisse davantage son autorité pour la mise en application de la résolution 1754 ". Explications : " Le secrétaire général, dans son rapport, rappelle fort opportunément qu’il s’agit bien de la mise en oeuvre de la résolution 1754 dans son esprit et sa lettre à travers la négociation, de bonne foi et sans conditions préalables, en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ". A ce titre, il " apporte une contribution importante à la réunion des conditions de succès de la négociation entre le Front Polisario et le Maroc en établissant de manière claire que la négociation se tient entre les deux parties au conflit et sur la base de deux propositions à statut égal. De la sorte, le secrétaire général et son envoyé personnel ont, de manière aussi claire, balayé les prétentions et la propagande du Maroc visant à faire de sa propre proposition la seule base et la finalité des négociations. La France, qui ne cache plus son jeu retord en faveur du Maroc, est allé jusqu’à accorder de très importants contrats d’armements en faveur du royaume chérifien, mettant également en branle une procédure, qui semble " douteuse " en vue de traiter juridiquement le dossier lié à l’assassinat en France de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka. Comme chacun le sait, ce dernier avait été tué par les plus hauts responsables marocains de l’époque avec la complicité et l’aide des services secrets français. Or, seuls cinq suspects, sortis d’on ne sait quelle manche de prestidigitateur viennent d’être présentés au " public " en espérant que l’opinion avalera une pareille couleuvre… »