Algérie: La privatisation ne touchera pas le Système Universitaire

Il s’agit de la loi d’orientation sur l’enseignement supérieur, du système LMD et de la situation des enseignants. Pour le premier point, le responsable du secteur affirmera qu’“Il n’y a aucune intention de privatiser l’enseignement supérieur. Toutes les infrastructures publiques relevant du ministère ne sont pas concernées par la privatisation”. Tout en relevant que “l’Algérie est le seul pays au monde où l’enseignement supérieur est gratuit”, il ajoutera que son département, “et en suivant les recommandations du chef de l’État”, a conscience que toutes les franges du “peuple” doivent avoir la possibilité de rentrer dans une université algérienne. Revenant sur le système LMD (Licence- Master-Doctorat) qui est à sa quatrième année d’application en Algérie, Harraoubia a essayé de le défendre tant bien que mal en axant sa plaidoirie sur des arguments loin d’être convaincant. À propos de son application, il affirmera que la seule nouveauté “finalement” consistait dans l’introduction du master : “Déjà de 1962 à 1971 la licence était de trois ans. D’ailleurs ne dit on pas que les diplômés des années 60 étaient de ce qu’il y avait de meilleur.” Nonobstant ce (surprenant) argument, il s’appuiera aussi sur le classement mondial des universités (sans citer l’organisme qui l’aurait réalisé) : “Sur les 500 premières, il n’y a aucune université arabe. La seule d’Afrique est celle de l’Afrique du Sud.” Il a dû sans aucun doute se référer au classement 2007 établi par l’université chinoise de Shanghai. Ajoutons de notre côté que les critères utilisés pour ce classement éliminent d’avance nos universités (entre autres : le nombre de lauréats du prix Nobel en physique, chimie, médecine ou économie ou encore le nombre d’articles publiés dans Nature et Sciences). Aussi, et à propos de la validité des diplômes du LMD, Harraoubia a été catégorique : “Ce n’est pas une aventure. Il suffit juste de se fier au Journal officiel de septembre dernier et au décret présidentiel pour s’en convaincre.” À propos du statut des enseignants, le ministre a surpris plus d’un en parlant de leur situation : “J’ai vu à la télé dernièrement qu’un enseignant en Europe a un salaire quatre ou cinq fois supérieur à celui de son collègue algérien. Je ne comprends pas cette comparaison. On oublie que ce n’est pas le même niveau de vie. Si l’enseignant européen a 5 000 euros comme salaire, il ne faut pas oublier qu’il louera pour environ
2 000 euros. On ne doit pas le prendre comme 50 millions de centimes pour nous. Même le café chez eux coûte 4 euros non !.” Il enfoncera un peu plus “nos” enseignants en ajoutant :“Je dis que leurs salaires leur permet de s’occuper de leur principal travail pédagogique et de la recherche.” Les enseignants apprécieront.
D’ailleurs, peut-on vraiment en vouloir au ministre de ne pas pouvoir donner satisfaction aux revendications salariales des enseignants lorsqu’on sait que son département n’a eu comme budget pour l’année 2008 que 20 milliards de dinars. À titre de comparaison, ce n’est même pas 14 jours de recettes du pétrole (au prix de 100 dollars le baril et avec la production actuelle de 1,45 million de barils par jour) ou encore 15% du budget annuel du ministère des Moudjahiddine. No coment.

par Salim Koudil. Liberté Algérie, 2008. Tous Droits Réservés.